30 rue Marguerite Yourcenar, Villetaneuse

La Géopolitique

Cette zone de KINGABWA qui a déjà réuni toutes les conditions d’avoir les statuts d’une municipalité et surtout en ce qui concerne le nombre d’habitants, est toujours attachée à la commune de LIMETE qui est confrontée à des multiples problèmes qu’ont ses habitants dont ceux de KINGABWA.

UN «DEPOTOIR HUMAIN»

Situé dans la commune de Limete, Kingabwa est présenté comme un coin industriel à partir de 1948, avec l’implantion de la brasserie «Polar», des ateliers de confection et des usines telles que «Delogne». Mais depuis un certain temps, les industries se sont butées à différents problèmes d’ordre socio-économique, au point d’étaler la dégénérescence d’un quartier promis à un bel avenir.

Kingabwa a besoin aujourd’hui d’une bouffée d’oxygène sur le plan industriel, après ces pillages et la situation socio-politique qui l’ont plongé dans une insécurité récurrente.

A la place de servir de locomotive de développement de la ville, de par sa vocation industrielle, Kingabwa présente aujourd’hui le visage d’un quartier mal urbanisé, avec une absence quasi-totale de raccordement en eau courante et en électricité.

La population, dont le standard de vie est en dessous du seuil de pauvreté, est soumise à la corvée quotidienne de l’eau qu’elle s’en va puiser à une source insalubre où l’on jette toutes les cochonneries du coin. Les jeunes gens n’ont pour activité que de faire la manutention dans les nombreux ports et arrêts de bus de la capitale. C’est dire que la structure scolaire du quartier est tombée au plus bas. Une dizaine d’écoles primaires et trois secondaires des réseaux catholique et protestant s’occupent tant bien que mal de la jeunesse de Kingabwa.

Pour ce qui est de la santé publique, Charles Kimwanga, agent sanitaire au centre catholique Saint Kizito, sur avenue Kulumba, estime que la tuberculose sévit de manière endémique dans le quartier à cause de la pauvreté, la consommation de l’alcool indigène, de la drogue (chanvre) et la malnutrition.

Constituée en véritable pègre, la jeunesse de Kingabwa se livre à la violence que la police tente de réprimer avec les moyens de bord. Signalons qu’un rapport du sous-commissariat de la police du marché de Lukumba, «Lola-Uzam», a affirmé que le quartier Kingabwa est habité par des jeunes se livrent, la plupart de temps, à des vols qualifiés. Les coups et blessures volontaires sont des infractions courantes dans ce quartier. La police estime que le quartier Kingabwa est l’un des bastions kinois du phénomène «shegué ».